« L’invisibilité sociale » en questions le 5 avril

L’objectif de cette journée, qui se tiendra à l’Espace Diamant le 5 avril, est de sensibiliser l’ensemble des acteurs – au-delà du champ du social – sur l’existence de publics « invisibles ». Ce colloque permettra de réunir l’ensemble des partenaires du Centre Intercommunal de l’ Action Sociale  et, au-delà, tous les acteurs locaux et régionaux afin de réfléchir à la place et au rôle des services aux publics dans la détection et l’accompagnement de cette catégorie émergente que constituent certains publics invisibles. Il s’agira de convaincre les acteurs de la nécessaire approche globale au-delà de la question sociale pour aborder des notions tels que l’accès à la santé, au logement, au transport, à l’emploi, à l’éducation.
Cette journée animée par Didier Gelot, ex-secrétaire général de l’observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale (onpes).

 

Les invisibles : oubliés des politiques sociales

Qui sont ceux que l’on nomme « les invisibles » ? Des femmes et des hommes qui échappent aux radars des barèmes sociaux. En effet, certes les revenus déterminent pour une bonne partie les conditions de vie mais d’autres variables entrent en jeu comme les contraintes budgétaires, les catégories socioprofessionnelles, ou le lieu de résidence.
Ainsi, le constat est sans équivoque, les politiques publiques sont inadaptées à la mutation de notre société. Car il s’agît bien là d’un problème sociétal. Pour appuyer ce premier bilan, une étude de l’ONPES a permis de calculer le montant moyen jugé nécessaire pour « joindre les deux bouts ». A quelques euros près, la moitié des unités de consommation des foyers fiscaux vivent avec des revenus inférieurs au montant considéré comme nécessaire « pour joindre les deux bouts ».
Or ces situations de précarisation ne font pas pour l’heure, l’objet de réponses adaptées.
Le risque d’une telle situation ? L’explosion citoyenne de la part de ceux qui n’ont plus d’autre avenir que de basculer dans l’exclusion.
Aujourd’hui, l’adaptation de l’action sociale du territoire devient alors indispensable.

Programme de la journée

8:30 – Accueil des participants
9:00 – Ouverture des officiels

9:30/10:45 – Les enjeux du débat

9:30 – Pourquoi je suis devenu invisible ?
Scénettes, Association théâtre « Le thé à trois »
9:50 – L’invisibilité sociale : des responsabilités à partager
Michel LEGROS, EHESP
10:20 – Portrait du territoire de la CAPA
Jean-Christophe CHARLES, chargé d’étude, DROS

10:45/12:45 – Quels outils pour lutter contre l’invisibilité des publics fragiles ?

La logique gestionnaire de l’action publique pousse à une spécialisation du travail social avec une sélectivité accrue des publics qui doivent répondre à des critères de plus en plus contraignants. Beaucoup sont de fait exclus des dispositifs existants. En quoi des outils comme les « budgets de référence » ou les « analyses des besoins sociaux » peuvent objectiver les besoins de ces populations et faire évoluer les critères d’attribution des aides sociales ?
Comment dès lors agir au niveau local pour répondre aux besoins des publics rendus invisibles et empêcher qu’ils ne basculent dans la pauvreté ?
10:45 – L’invisibilité produite par les institutions
Scénettes, Association théâtre « Le thé à trois »
11:00 – L’invisibilité sociale : le point de vue de l’ophtalmo
Dr François PERNIN, Président de la Coordination inter-associatif de Lutte contre les Exclusions (CLE)
11:15 – Comment mieux objectiver les besoins et faire évoluer les critères d’attribution des aides sociales ?
Table ronde animée par Evelyne FERRI, CIAS du Pays Ajaccien
Intervenants
Vanessa BENOIT, Directrice adjointe, CCAS de Paris
RODE, Chargé de recherche, Odenore
Anne LEONARDI, Directrice de l’action sociale de proximité, Collectivité de Corse
Hyacinthe CHOURY, Président, Secours Populaire
12:15 – Débat avec la salle

12:45/14:00 PAUSE DÉJEUNER
14:00/16:30 – Comment innover dans l’action sociale locale ?
En se complexifiant, l’action sociale aboutit parfois à une superposition des actions et des dispositifs mis en place et à une absence de rationalité dans la répartition des compétences entre acteurs publics, privés et associatifs. D’où un risque de confusion sur les missions de chacun et un manque de lisibilité à la fois chez les professionnels de l’action sociale mais aussi au sein de la population.
Quels nouveaux services publics adaptés aux besoins des populations dans une approche globale (transport, éducation, emploi…) ?
Quelles relations entre les différents acteurs d’un territoire?
Que nous disent les expérimentations dans ce domaine ?
Quel rôle des CCAS et CIAS en tant que fédérateur et coordinateur des énergies et des initiatives sur son territoire ?
Des démarches nouvelles tel que le financement participatif peuvent-elles être utiles ?
14:00 – Mettre en commun des expériences au service des personnes et des territoires
Carrefour des innovations sociales,
Estelle CAMUS (Responsable éditoriale, ODAS) et
Alexia GAZEL (Chargée de projet innovation publique, CGET)
14:45 – Débat avec la salle
15:00 – Quelle place pour l’innovation et les partenariats dans les services aux publics ?
Table ronde animée par Catherine MAYEUR, CIAS du Pays Ajaccien

Intervenants
Gabriel ANDRE, Directeur action sociale et insertion, Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle
Marie-Hélène MORETTI, Responsable Pôle développement social, CIAS du Pays Ajaccien
Nelcy PAOLETTI, Présidente, FALEPA
David GIFFARD, Directeur Général projet, Groupe SOS
Germaine BOURDAIS, Déléguée Régionale, Secours Catholique
16:00 – Débat avec la salle
16:30 – Clôture de la journée

 

Plus d’infos

C.I.A.S
3 rue Sœur Alphonse, 20000 Ajaccio
Tél : 04 95 51 52 88
Fax : 04 95 21 64 17
Mail : cias@ca-ajaccien.fr
Accueil du lundi au vendredi
de 8h à 17h (16h en période estivale)

L’action sociale à l’échelle de la CAPA

Depuis 4 ans, la CAPA a fait le choix de prendre à bras le corps une compétence sociale à l’échelle intercommunale. En effet, L’objectif en matière d’action sociale est de mesurer l’urgence sociale et prévenir un certain nombre de maux. Ceci ne peut être efficace qu’à une telle échelle. Car les problèmes de précarité ne s’arrêtent pas aux portes d’Ajaccio. Pour réaliser ce projet, il a fallu concerter différents acteurs du territoire afin de réaliser un diagnostic.
4 ans de travail, d’échanges et d’analyse pour comprendre les réalités d’un territoire soumis à des difficultés grandissantes.

C’est combien le seuil ?

Combien faut-il aujourd’hui pour véritablement joindre les deux bouts et satisfaire les besoins primaires ?

Selon l’ONPES, un adulte qui gagne 1000 euros et donc se situe au-dessus des minimas retenus pour bénéficier des aides légales devrait en fait dépenser 1574 euros pour boucler les fins de mois.

Pour un adulte avec un enfant, qui gagne 1300 euros, c’est 2079 euros
Pour un couple sans enfant, qui gagne 1500 euros, c’est près de 2597 euros qui devraient être mobilisés.
En enfin pour un couple avec 2 enfants qui gagne 2500 euros, c’est 3266 qui leur permettraient de satisfaire leurs besoins primaires.

Le chiffre clé

50% des ménages de la CAPA ont des revenus inférieurs aux seuils définis par l’ONPES.

2019-04-10T01:17:09+02:00 26 mars 2019|Catégories : L'actualité|Mots-clés : , |Commentaires fermés sur « L’invisibilité sociale » en questions le 5 avril
Accéssibilité
Accéssibilité
Accessibilité