Ouverture du colloque sur l’invisibilité sociale

L’ouverture du 1er colloque sur «  l’invisibilité sociale  » a été un temps fort. Il a contribué à la prise de conscience qui entoure cette question. Organisée par le Centre d’Action Sociale du Pays Ajaccien , en partenariat avec le Dispositif Régional d’Observation Sociale, cette rencontre a rassemblé plus de de trois cents personnes: représentants d’associations, travailleurs sociaux, élus, économistes, sociologues. Objectif  : sensibiliser l’ensemble des acteurs – au delà du champ social- sur l’existence de publics invisibles.
Comme l’a souligné Caroline Corticchiato « l’invisibilité sociale mobilise. Parce que si 1/4 de nos concitoyens vivent des minimas, plus nombreuses sont les personnes qui ne peuvent joindre les 2 bouts ». Ce colloque a donc affirmé cette volonté politique de la majorité de soulever le problème de l’invisibilité mais surtout d’apporter des solutions.

Le Pays ajaccien et ses invisibles

Comme l’a déclaré Laurent Marcangeli, Président de la Communauté d’Agglomération du Pays Ajaccio, «  cette journée est faite pour nous faire progresser, débattre et co-construire. Cette réunion revêtait un caractère déterminant car c’est de la base, du local, que les initiatives les plus innovantes voient le jour ».
En effet, sur notre territoire c’est 40% de la population qui entre dans cette case, dite, «  des invisibles  ». Ici il est question de personnes qui échappent aux barèmes sociaux, leurs revenus juste au dessus des minimas sociaux font qu’ils ne sont pas considérés comme pauvres dans les statistiques. Leurs profils sont variés. Il s’agit de retraités, d’actifs, de familles, ou de personnes isolées.

Il fallait donc se réunir pour prendre pleine conscience de ce problème.

Le théâtre du réel

Quoi de plus percutant, pour comprendre, toucher du doigt, se plonger dans une situation que la création et plus particulièrement, le théâtre. La compagnie, Thé à Trois, porté par Paul Grenier a proposé des scénettes tout au long de la matinée. Et le résultat fut percutant de réalité.

Le théâtre proposé ici a permis de montrer ces invisibles, un théâtre du réel où l’on rencontre une retraitée revenue vivre sur sa terre natale qui perçoit 1030 Euros, une jeune qui fait des petits boulots, une mère de famille célibataire…

Il y’a aussi François, le bricoleur qui « bosse sans arrêt et qui n’arrive pas à joindre les deux bouts, pourtant il bosse ». Il sourit mais ne vit pas. On rencontre aussi cette infirmière libérale qui travaille dans les beaux quartiers de la ville et qui se sent désarmée face à ses patientes âgées et démunies.  Puis, il y’a cette jeune femme avec son enfant qui vit au village et a honte d’appeler l’assistante sociale.

Ce sont toutes ces personnes qui  ont été évoquées lors de cette journée, pour comprendre, et trouver des solutions pour vivre mieux.

Donner des pistes de réflexion pour créer une synergie

Une fois, ces données partagées avec l’assistance, il a été question de réfléchir à l’évolution des modes de gouvernance. Le but était de promouvoir avec les divers acteurs la mise en œuvre d’une synergie qui permettrait de coopérer, de contractualiser et de coordonner leurs interventions respectives.

Les différents partenaires publics, associatifs et privés : la Ville d’Ajaccio,  la Caisse d’allocations familiales, la Mission Locale d’Ajaccio, les communes de la CAPA, la Collectivité  de Corse, la Ville de Bastia, la CPAM,  l’Agence Régional De Sante, l’Unccas, le CCAS de  L’Ile-Rousse,  l’ONPES, l’Hôpital Notre Dame de la Miséricorde, l’Hopital de Castelluccio, la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de la Corse du Sud, le DROS, le Secours Populaire d’Ajaccio, le Secours Catholique de Corse, la Falepa Corsica, l’ODAS le Département de Meurthe-et-Moselle, le Groupe SOS, le CESEC, la Falep,  l’Adil d’Ajaccio, l’ADAPEI, la Croix Rouge Française, la Mutualité sociale agricole, la Cooperative d’Initiative  les Jeunes d’AIUTU CORSU, d’Iniziativa, Noi ind’e Voi, l’Udaf , l’Orange, le Crous De Corse  ont pu présenter leurs propres problématiques et initiatives.

Plus d’infos

C.I.A.S
3 rue Sœur Alphonse, 20000 Ajaccio
Tél : 04 95 51 52 88
Fax : 04 95 21 64 17
Mail : cias@ca-ajaccien.fr
Accueil du lundi au vendredi
de 8h30 à 11h30 et de 14h00 à 17h00

Téléchargements

Le chiffre clé

40% des ménages de la CAPA ont des revenus inférieurs aux seuils définis par l’ONPES.

En effet, si plus de 17 000 personnes vivent grâce aux minimas sociaux et sont dans une zone préoccupante alliant précarité, fragilité voire exclusion….. Plus nombreuses sont encore les personnes qui ne peuvent joindre les deux bouts soit près de 34 000 personnes qui peinent à boucler leurs fins de mois.

C’est combien le seuil ?

Combien faut-il aujourd’hui pour véritablement joindre les deux bouts et satisfaire les besoins primaires ?

Selon l’ONPES, un adulte qui gagne 1000 euros et donc se situe au-dessus des minimas retenus pour bénéficier des aides légales devrait en fait dépenser 1574 euros pour boucler les fins de mois.

Pour un adulte avec un enfant, qui gagne 1300 euros, c’est 2079 euros
Pour un couple sans enfant, qui gagne 1500 euros, c’est près de 2597 euros qui devraient être mobilisés.
En enfin pour un couple avec 2 enfants qui gagne 2500 euros, c’est 3266 qui leur permettraient de satisfaire leurs besoins primaires.

L’action sociale à l’échelle de la CAPA

Depuis 4 ans, la CAPA a fait le choix de prendre à bras le corps une compétence sociale à l’échelle intercommunale.

En effet, l’objectif en matière d’action sociale est de mesurer l’urgence sociale et prévenir un certain nombre de maux. Ceci ne peut être efficace qu’à une telle échelle. Car les problèmes de précarité ne s’arrêtent pas aux portes d’Ajaccio. Pour réaliser ce projet, il a fallu concerter différents acteurs du territoire afin de réaliser un diagnostic.
4 ans de travail, d’échanges et d’analyse pour comprendre les réalités d’un territoire soumis à des difficultés grandissantes.

LE CIAS déjà sur le terrain de l’invisibilité

L’équipe du CIAS a présenté ses actions de lutte contre l’invisibilité.
Le CIAS agit sur 3 axes : le repérage de ces publics, la lutte contre le non recours aux droits et enfin repenser le travail social et les modes d’intervention.
Ainsi, les procédures d’accueil et d’accès ont été revues (révision des règlements d’attribution des aides pour plus de souplesse, gratuité de la majorité de nos actions d’animation quelque soit le niveau de ressources des familles, mise en place de formation dédiée pour les personnels d’accueil, …etc.).
Il a développé des coopérations notamment avec les partenaires associatifs mais également avec des opérateurs de la sphère privée économique (producteurs locaux, entreprises de transport, grandes enseignements de l’alimentaire…).
Enfin, le CIAS a initié une expérimentation sociale, qui propose une nouvelle forme d’accompagnement très souple et avec pour seuls critères d’accès le lieu de résidence et un niveau de revenu supérieur aux minimas sociaux.

2019-04-19T10:46:21+02:00 4 avril 2019|Catégories : L'actualité|Mots-clés : , |Commentaires fermés sur Ouverture du colloque sur l’invisibilité sociale
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