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La CAPA et l’Agence de Développement Économique de la Corse (ADEC) signent la convention territorialisée du Schéma Régional de Développement Economique, d’Innovation et d’Internalisation.
 Ce nouveau schéma a été établi sur la base d’une réflexion engagée avec les intercommunalités de Corse afin de bâtir un cadre commun pour réaliser des actions économiques concertées. Cette contractualisation permet d’accompagner et de soutenir les intercommunalités dans leur rôle central d’acteurs du développement économique pour leur territoire.
Sur son territoire, la CAPA a choisi de faire d’une priorité le soutien à l’entrepreneuriat, aux activités commerciales et artisanales et au développement des entreprises.

L’intervention de M. Stéphane Sbraggia, Président de la CAPA et Maire d’Ajaccio

M. le Président de l’ADEC,

Madame, Monsieur les Vice-Présidents,

Mesdames, Messieurs,

Je suis particulièrement heureux de vous accueillir aujourd’hui et vous remercie d’être venus au siège de la CAPA pour la cérémonie de signature de la convention territorialisée du SRD2i. Au-delà de cette séquence formelle de signature d’un accord conventionnel, certes, important, je me félicite que les principaux acteurs institutionnels du développement économique soient réunis, pour plusieurs raisons :

  • D’abord parce qu’en matière de développement économique, l’heure n’est plus à la balkanisation de l’action mais à la recherche de la cohérence et de l’efficacité
  • Ensuite parce qu’ainsi que le ministre de l’Économie et des finances l’a rappelé dernièrement, la situation financière de l’Etat et des collectivités s’assombrit et il va falloir rechercher des économies d’échelle en favorisant des actions mutualisées plutôt que parfois concurrentes
  • Enfin, parce que la CAPA, en tant que première intercommunalité de l’île entend jouer tout son rôle en matière de développement et que je sais que cela ne sera efficace qu’avec ses partenaires.

Le pays ajaccien qui représente un quart de la population de la Corse est une locomotive et il convient de continuer à alimenter cette dynamique parce qu’elle bénéficie à toute la Corse. En matière de développement nous devons collectivement garder à l’esprit deux objectifs clairs :

  • Faire en sorte que les bénéficiaires de nos actions, que j’espère conjointes et coordonnées, (entreprises, porteurs de projets, filières) puissent comprendre le sens et les objectifs de nos actions. Ceci signifie que nous devons être lisibles, compréhensibles, accessibles et surtout complémentaires.
  • Agir efficacement en s’assurant que nos actions atteignent toujours leurs cibles et que toutes les entreprises, mêmes les plus petites (qui constituent le cœur du tissu économique de notre territoire) soient parfaitement informées des actions en leur faveur.

Trop souvent les chefs d’entreprises nous disent ne pas connaître ou mal connaître les dispositifs qui leur sont offerts et ainsi manquent des opportunités de développer leurs activités. Si la CAPA est l’intercommunalité la plus importante de Corse, il n’en demeure pas moins que ses attributions actuelles sont encore très circonscrites par la règlementation en vigueur. C’est pourquoi j’ai demandé à mes services qu’une feuille de route de l’action économique soit proposée pour clairement définir notre objectif majeur et le rôle de l’institution intercommunale.

Le fil rouge de notre action est dicté par une ferme volonté de positionner le pays ajaccien comme un territoire attractif créant de l’emploi et au final soit un socle de prospérité. La CAPA, en matière de développement économique, doit tenir compte d’actions d’acteurs comme la Collectivité de Corse, l’Etat et les chambres consulaires qui ont des compétences fortes dans ces domaines.

Ainsi, la CAPA entend s’affirmer comme l’autorité organisatrice et régulatrice des politiques publiques qui se déploient sur son territoire. Ce n’est pas pour faire valoir un quelconque égocentrisme, mais plutôt pour être en mesure de traduire le volontarisme politique que nous portons et, en cela, le bloc local est le plus légitime à agir. J’ai conscience que des politiques publiques comme le développement économique, par nature, ne peuvent s’exercer, en dehors de partenariats forts avec d’autres acteurs publics et privés.

Il me semble difficilement pensable que des acteurs institutionnels comme l’ADEC, les chambres consulaires puissent déployer des actions sur le territoire du pays ajaccien sans, auparavant se concerter avec les services compétents de la CAPA.

 C’est la raison pour laquelle il convient de suivre deux mouvements :

  • Définir des politiques intégrées et partagées ;
  • Fédérer les acteurs de l’écosystème autour d’une stratégie partagée.

 

Cette stratégie implique également le déploiement d’accords conventionnels avec les principaux acteurs susceptibles de déployer des actions sur le territoire. La convention que nous signons aujourd’hui en est la manifestation et je m’en réjouis.

 La feuille de route en matière de développement économique est principalement articulée autour de quelques principes simples et d’objectifs que je pense nous partagerons ensemble.

  • Au titre des principes

 Afin d’augmenter l’effectivité et l’efficience des politiques publiques mises en œuvre la CAPA entend mettre l’accent sur :

  • La Proximité

Il s’agit de mettre en œuvre la stratégie du « dernier kilomètre » dont le Conseil d’Etat lui-même a rappelé l’importance dans un rapport récent pour s’assurer que toutes les entreprises sont parfaitement informées. Il faut aller au contact des entreprises et de ceux qui souhaitent en créer et éviter la numérisation excessive de la relation administrative, mieux couvrir le territoire intercommunal.

  • L’engagement

Il convient de déployer les actions avec un souci constant d’efficacité ce qui suppose des procédures robustes et des retours des feedback permanents en mettant en œuvre un dispositif d’actions évaluées. Ceci signifie que nous devrons évaluer l’effectivité de nos actions conjointes sur le territoire.

  • L’innovation

La véritable révolution de l’action publique réside avant tout dans sa capacité à innover et à chercher d’autres voies d’actions que celles classiquement mobilisées. Je sais, Monsieur le Président de l’ADEC que vous partagez avec moi cet objectif.

  • Au titre des objectifs

 Deux grands axes guident désormais l’action publique en matière de développement économique.

  • Faciliter et encourager les transitions

Les intercommunalités mobilisent des moyens importants pour répondre aux défis écologiques, énergétiques, climatiques, numériques environnementaux et sociaux.

La CAPA entend placer la question de la transition comme fil directeur de ses politiques territoriales et de ses actions.

Réussir la transition demeure un enjeu qui exige d’agir de manière globale, tant dans les domaines de l’environnement, que de la gestion des déchets, de la mobilité, de l’énergie, de l’habitat, de l’aménagement du territoire et de la protection des ressources du territoire.

  • S’assurer du maintien des équilibres territoriaux

Assurer un développement harmonieux du territoire fait partie des grands objectifs de l’action de la CAPA.

Il s’agit de valoriser les atouts du territoire, notamment sa dimension à taille humaine, en facilitant les répartitions harmonieuses des politiques publiques et des actions sur le territoire. L’intercommunalité souhaite aussi accompagner davantage les communes et en renforçant la position d’Ajaccio qui doit demeurer le cœur de l’armature territoriale tout en déployant ses relations avec les communes-membres de la CAPA.

  • Promouvoir des grands objectifs transversaux
  • Favoriser le développement durable
  • Diversifier la recherche de financements
  • S’engager résolument dans la transition numérique
  • Faire du pays ajaccien un territoire apprenant

La CAPA a d’ores et déjà pris de nombreuses initiatives dans le domaine du développement économique comme :

  • Le développement de partenariats avec des pôles de compétitivité nationaux (CAPENERGIES, Mer, Innovalliance-agroalimentaire)
  • Initié une politique de sensibilisation à la cybersécurité en lien avec la police, la gendarmerie, la DGSI et l’ANSSI
  • Le déploiement d’une offre d’accompagnement de projets d’entreprises en les conseillant et les accompagnant
  • L’élaboration d’une stratégie d’attractivité qui sera proposé au Conseil Communautaire du mois de mai.
  • Le Projet alimentaire territorial qui valorise les circuits courts avec la création de deux drives fermiers sur le territoire.

Mais elle entend encore agir dans des secteurs qui demandent un renforcement du partenariat avec l’ADEC et les chambres comme :

  • Le renforcement des filières présentes sur le territoire
  • Le dynamisme commercial du territoire et notamment en centre-ville
  • Le projet territoires d’industrie
  • Les actions en faveur de la mobilité des salariés (covoiturage)
  • Le développement d’unité de formation de haut niveau sur le territoire avec prochainement l’implantation d’une école de l’hôtellerie et du tourisme à Ajaccio.

Vous l’aurez compris, la dynamique que j’ai souhaité initier ne trouvera sa pleine signification que dans notre capacité à fédérer nos énergies.

Je ne voudrais pas achever cette intervention sans citer notre opérateur qu’est la M3E que j’entends encore renforcer dans les années à venir puisque nous allons prochainement nous engager dans un nouveau contrat de délégation de service public.

La M3E, qui sera en charge très prochainement de la gestion de la Cite GROSSETTI, qui constituera un emblème de la création, de l’innovation et de l’esprit d’entreprise sur notre territoire, projet que la CAPA a mené à bien avec le soutien de l’Union européenne et de la Collectivité de Corse (ADEC et AUE) que je tiens à remercier.

Monsieur le Président, Madame, Monsieur les Vice-Présidents, ainsi que vous le voyez la CAPA souhaite être à la hauteur des enjeux du pays ajaccien.

C’est aussi pour cela que j’ai engagé cette intercommunalité dans une démarche visant à sa transformation en métropole ainsi que l’a précisé le Président de la République lors de dernière venue en Corse. La métropole, je le redis, n’est, comme j’ai pu l’entendre, ni un caprice politique, ni un recroquevillement, mais au contraire, le signe de la maturité d’un territoire et de sa volonté de s’affirmer et de s’ouvrir. Je forme le vœu que cette cérémonie de signature soit aussi marquée du sceau de la confiance et de la volonté de travailler davantage ensemble au service du payas ajaccien.

Je vous remercie.

Dominique Di Menza, Première Vice-Présidente de la Chambre du Commerce et d’Industrie de Corse, Stéphane Sbraggia, Président de la CAPA, Maire d’Ajaccio, Alexandre Vinciguerra, Président de l’ADEC, Conseiller Exécutif de Corse, M. Antoine Marcaggi, Premier Vice-Président de la Chambre des métiers et de l’artisanat de Corse.