Le Conseil Intercommunal de Sécurité et de Prévention de la Délinquance (CISPD) a vocation à « constituer le cadre de concertation sur les priorités de la lutte contre l’insécurité et de la prévention de la délinquance au niveau local ». Il doit être un lieu d’échanges entre les responsables des institutions et organismes publics, privés, associatifs afin de définir des objectifs communs. De ce fait, il est consulté sur la mise en œuvre et l’évaluation des actions de prévention de la délinquance menées sur son territoire.
Le Comité Interministériel de Prévention de la Délinquance et de la Radicalisation (CIPDR) a fixé les nouvelles orientations de la politique gouvernementale en matière de prévention de la délinquance et de la radicalisation pour 2020/2024. La stratégie locale doit être en conformité avec la stratégie nationale. Ainsi, la programmation locale s’inscrit dans le cadre de référence nationale et s’articule notamment autour de trois priorités :
– La prévention de la délinquance précoce, y compris avant l’âge de 12 ans ;
– La protection, le plus en amont possible, des personnes vulnérables : femmes victimes de violences mais également personnes âgées ;
– L’implication citoyenne, des habitants et de la société civile, dans le domaine de la tranquillité publique.

La prévention de la délinquance précoce

Pour ce qui est des plus jeunes, la principale nouveauté réside indéniablement dans la volonté « d’agir plus tôt » et d’identifier, sur la base de critères précis, les jeunes de « moins de 12 ans » exposés au risque de délinquance.
Jusque-là, en effet, seuls les 12-25, primo-délinquants et récidivistes, étaient concernés ; ils le sont toujours.
Toutefois, la stratégie inclut désormais les très jeunes dans cet effort d’identification qui sera rendu possible par l’échange d’informations entre partenaires et la mise en place d’actions en leur direction. Ainsi, la nouvelle stratégie appelle à « réinvestir la prévention primaire », c’est-à-dire à caractère éducatif et social et s’adressant à l’ensemble des jeunes, et même des plus jeunes.
Parmi les mesures préconisées en direction des mineurs, trois actions sont privilégiées :

  • l’éducation aux médias (notamment sur les réseaux sociaux) ;
  • la prévention du décrochage scolaire ;
  • le soutien à l’autorité parentale.

Pour les plus âgés, on retrouve également des outils de prévention de la récidive visant l’insertion socioprofessionnelle comme les chantiers éducatifs, les TIG (Travail d’Intérêt Général), le dispositif TAPAJ (Travail Alternatif Payé A la Journée) qui vise à permettre une activité professionnelle à la journée pour les plus marginalisés.
Propositions inédites : le développement de la « prévention par les pairs » avec l’Éducation Nationale et la mise en place de coopérations avec tous les acteurs du secteur médico-social, mais aussi ceux de la santé mentale.

La protection des personnes vulnérables, et plus particulièrement les personnes victimes de violences intrafamiliales ainsi que les personnes âgées isolées

Cet axe reprend celui consacré à l’aide aux victimes, rebaptisé « personnes vulnérables » mais inclut désormais, en plus des femmes victimes de violences et leurs enfants, les personnes âgées et isolées.
En dehors de l’objectif clairement annoncé de « doter chaque département d’au moins deux intervenants sociaux dans les commissariats et les unités de gendarmerie », l’accent est mis sur l’attention qui sera portée à toute démarche visant à :

  • Définir les situations de vulnérabilité pour aider les acteurs locaux à identifier et à prendre en charge les potentielles victimes et les personnes vulnérables.
  • Sensibiliser le public, faire la promotion des dispositifs et des acteurs de proximité institutionnels et associatifs.
  • Lutter contre l’isolement, favoriser la sécurisation des victimes et leur accompagnement.
  • Accompagner et mettre en place la prise en charge des auteurs.
  • Déployer des initiatives de proximité visant à la prise en charge individualisée mais également collective.
  • Mettre en œuvre une meilleure prise en charge des victimes en nouant de nouveaux partenariats dans le domaine de la santé.

L’implication citoyenne, des habitants et de la société civile, dans le domaine de la tranquillité publique.

Dans ce volet, il est question de structurer les initiatives locales qui permettent de restaurer un climat apaisé et ainsi réduire le sentiment d’insécurité. Les actions réalisées doivent anticiper ou réagir aux nuisances, y compris lorsqu’elles dégradent le cadre de vie.
Le maintien de la tranquillité publique correspond à une forte attente de la population et demeure un enjeu quotidien.
Cet axe prioritaire, dans cette nouvelle stratégie, prône le fait que « la population, est un nouvel acteur de la prévention de la délinquance ».
En mettant au cœur de la tranquillité publique, l’implication citoyenne, il est surtout question de préservation du cadre de vie par l’engagement des premiers concernés, les habitants, appuyés par un réseau de professionnels. En recherchant leur adhésion, et notamment celle des Conseils Citoyens, la mise en place d’une veille active au sein des quartiers, s’en trouve facilitée. La nouvelle stratégie propose que soient développées des marches exploratoires afin de mettre en œuvre des diagnostics de terrain fondés sur le recueil de données in situ ce qui permettra également d’évaluer le sentiment d’insécurité.
Cet axe prône aussi la médiation entre les institutions et les habitants afin de désamorcer tout sentiment de méfiance ou de défiance, mais également un travail de rapprochement entre la population et les forces de sécurité de l’État (Services de Police et de Gendarmerie).
Il est également évoqué d’impliquer la société civile par la diversification de partenariats avec l’entreprenariat et le secteur sportif pour faciliter l’insertion professionnelle et lutter contre le désœuvrement.

Une question ?

Direction du développement social
Tél : 04 95 52 53 33

Plus d’infos :

La programmation annuelle du CISPD

Chaque année, un appel à projets est lancé pour appeler l’initiative privée et publique à proposer des actions dans l’une des trois priorités de la programmation locale du CISPD :
– La prévention de la délinquance précoce.
– La protection des personnes vulnérables, et plus particulièrement les personnes victimes de violences intrafamiliales ainsi que les personnes âgées isolées.
– L’implication citoyenne, des habitants et de la société civile, dans le domaine de la tranquillité publique.